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Romano vs Plettenberg : les insiders ne couvrent pas le mercato. Ils en sont un rouage

Matthieu Ferrand Par Matthieu Ferrand · Rédaction foot247 ·
Romano vs Plettenberg : la nuit où les insiders ont avoué qu'ils vous mentent
Romano vs Plettenberg : la nuit où les insiders ont avoué qu'ils vous mentent © 2026 Icon Sport

Accusations de fake news, menaces de balancer des DM privés, egos en fusion : dans la nuit du 26 au 27 juillet, Fabrizio Romano et Florian Plettenberg, les deux insiders les plus suivis d'Europe, se sont écharpés publiquement sur X autour du transfert de Yan Diomande au Real Madrid. Un déballage rare, qui en dit moins sur ce dossier à 130 millions que sur les coulisses pas très reluisantes du business de l'info mercato.

On pensait avoir tout vu sur le mercato. Puis est arrivée la nuit du 26 au 27 juillet. À l’origine, pas grand-chose. Un compte fan de Chelsea, « Vince », balance un quote-tweet sur le dossier Yan Diomande, l’ailier ivoirien de Leipzig que tout le monde s’arrache cet été. Le Real le veut, le PSG a tenté sa chance, Manchester City a rôdé autour. Montant évoqué : 130 millions. Bref, le gros dossier du moment. Sauf que Fabrizio Romano traînait dans le coin. Et il a répondu.

Le dérapage

Romano attaque frontalement Sky Allemagne, qu’il accuse d’avoir inventé une offre de 100 M€ de Manchester City :

Pas d’inquiétude, Diomande ira au Real Madrid comme Klopp est allé en Allemagne. Demandez-leur plutôt la fake news d’hier sur Man City qui offrirait 100 M€ pour Diomande, alors qu’ils sont hors course depuis des jours et que Madrid avançait déjà. Ils sont forts pour parler des autres (pas si forts d’ailleurs, ils ne savent même pas me taguer) mais vérifiez d’abord vos propres infos, ensuite vous parlerez de moi.

Fabrizio Romano

Florian Plettenberg, le monsieur mercato de Sky Allemagne (connu sur X sous le pseudo @Plettigoal, d’où la confusion chez pas mal de monde), n’a pas laissé passer. Sa réponse est longue, froide, et franchement violente :

Okay, wow. En nous accusant de « fake news » sur une « offre de Man City » (jamais rapportée), tu as malheureusement franchi une ligne.

Florian Plettenberg

Puis il sort le dossier Klopp, et là ça pique :

Je ne voulais jamais en parler, mais ton info sur Klopp était tout simplement ridicule et irrespectueuse envers tous les journalistes qui font un vrai travail de terrain. Un jour après que la DFB l’avait déjà nommé dans son communiqué officiel, tu as posté un « here we go ». Je pensais sincèrement que tu aurais la décence de ne pas le faire. N’importe qui aurait pu poster ce « here we go » sur Klopp, tellement il était évident qu’il allait devenir sélectionneur de l’Allemagne. Ton info reposait sur de la probabilité, pas sur de vrais accords.

Florian Plettenberg

Et il enfonce le clou sur les méthodes de l’Italien :

Tant que tu continues à supprimer tes faux « here we go » et à poster des résultats quelques minutes avant le coup de sifflet final juste pour les algorithmes et pour gagner la course contre 433 et les applis de score, avant de les effacer cinq minutes plus tard parce que Neymar marque, tu devrais te faire un peu plus discret. Pareil quand tu oublies de créditer la source originale sur une grande partie de tes posts Instagram. » Pour situer : 433, c’est le mastodonte des réseaux foot, plus de 60 millions d’abonnés sur Instagram, réputé pour publier les buts en quasi temps réel, au coude à coude avec les applis type FotMob ou SofaScore.

Florian Plettenberg

Romano réplique avec l’arme la plus sale du lot, les DM privés :

Je devrais peut-être partager les messages d’il y a quelques années où tu me demandais « comment je peux augmenter mes followers » ou « ton travail est ma motivation »… toi qui donnes maintenant des leçons de métier ici. » Avant de claquer la porte : « Et souviens-toi : celui qui a lancé ce cirque, c’est toi, avec ton post sur Diomande à Madrid présenté comme un fait certain. C’est ma dernière réponse. Enjoy. » Il y reviendra pourtant, une dernière fois, pour marquer son territoire : « Diomande ira au Real Madrid. Here we go. Enjoy. »

Fabrizio Romano

Réponse du berger à la bergère, Plettenberg conclut sans reculer d’un pouce :

Ne présente pas les choses comme si nous avions rapporté que Manchester City allait faire une offre. Nous avons rapporté qu’ils étaient prêts à payer ce montant. Il n’y a jamais eu d’offre écrite formelle parce que le joueur était concentré sur le Real Madrid et le PSG. Pas besoin d’inventer des détails pour faire croire que nous avons rapporté quelque chose de faux. Chacun devrait se demander sur quelle base il annonce des accords, des accords de principe, des done deals ou des « here we go ». Yan Diomande rejoindra le Real Madrid. DONE DEAL bientôt. Bonne nuit.

Florian Plettenberg

Les autres se planquent

Le lendemain, Plettenberg remet une pièce dans la machine, sources à l’appui :

À cette minute, absolument rien n’a été acté entre le RB Leipzig et le Real Madrid pour Yan Diomande, pas même un accord de principe. Toutes les parties impliquées l’ont confirmé : le RB Leipzig, le Real Madrid et l’entourage du joueur. Les infos qui prétendent le contraire sont tout simplement fausses. » Ce qui contredit mot pour mot « l’accord en place » annoncé par Romano quelques heures plus tôt.

Florian Plettenberg

Il publie même une déclaration officielle du PSG transmise à Sky :

Le PSG a formellement retiré ce soir son intérêt et ses offres pour Yan Diomande. Le montant du transfert demandé et les exigences salariales étaient complètement disproportionnés.

Florian Plettenberg

Et les autres insiders ? Silence radio. La presse anglaise s’amuse à imaginer Christian Falk, David Ornstein … en médiateurs, mais aucun n’a mis un orteil dans l’arène. Logique. Ils vivent tous du même système. Prendre parti, c’est se griller des sources ou se griller un confrère. Alors on regarde le match en silence, popcorn à la main.

Bon, et la vérité dans tout ça ?

C’est le plus beau dans cette histoire : sur le fond, les deux racontent exactement la même chose. Diomande jouera au Real Madrid. Romano dit « Here we go », Plettenberg dit « done deal soon ». Toute cette guerre porte sur la chronologie et sur qui a dit quoi en premier.

Sur ce qui est vérifiable, avantage Plettenberg. Son démenti s’appuie sur trois camps distincts et sur un fait têtu : aucun montant définitif n’existe entre les clubs. Difficile de parler d’accord bouclé quand personne ne connaît le prix. Le reste, les DM privés, la réalité exacte de la position de City, restera parole contre parole. Deux insiders qui s’accusent mutuellement de mentir, sans preuve publiée d’un côté comme de l’autre.

Ce que ce clash raconte vraiment

Un journaliste qui reproche à un autre de poster des scores avant le coup de sifflet final pour plaire à l’algorithme, ça devrait faire scandale. Là, ça fait sourire, parce que tout le monde sait que c’est le quotidien du milieu. Être premier rapporte plus qu’être juste. Le « Here we go » n’est plus une information, c’est une marque déposée qu’on appose parfois sur des transferts déjà officialisés par communiqué. Le cas Klopp le prouve, et on peut légitimement se demander combien d’autres sont passés sous le radar.

Il y a plus gênant encore. Ces comptes suivis par des dizaines de millions de personnes sont devenus des acteurs de la négociation. Un club qui fait démentir un accord gagne du temps dans la négo. Un agent qui fait fuiter une offre fait grimper le prix. Quand Plettenberg jure que « les trois camps confirment », rien ne garantit que chaque camp ne lui souffle pas simplement la version qui l’arrange. Les insiders ne couvrent pas le mercato. Ils en sont un rouage.

Diomande finira au Real, là-dessus tout le monde est d’accord. Ce jour-là, Romano dira qu’il l’avait annoncé avant tout le monde, Plettenberg dira qu’il avait les vrais détails, et chacun aura raison dans son coin. Le problème, il est exactement là.

Les citations, publiées en anglais sur X, ont été traduites par nos soins.