Genesio, Paixão, vente du club : Stéphane Richard lâche tout sur RMC
Au lendemain de la clôture du mercato estival, le président de l'Olympique de Marseille était l'invité exceptionnel de Rothen s'enflamme sur RMC. Pendant près d'une heure, Stéphane Richard a répondu sans détour aux questions de Benoit Boutron, Christophe Dugarry, Benoit Costil et Florent Germain sur les dossiers brûlants du club : un mercato inédit sans la moindre recrue, les tensions avec Bruno Genesio, l'avenir de Frank McCourt et les fameuses rumeurs de vente. Résumé complet des échanges.
Pourquoi l’OM n’a-t-il recruté personne cet été ?
C’est la question qui fâche, et Richard ne l’a pas esquivée. Le bilan est brutal : 11 départs, zéro arrivée, une première dans l’histoire récente du club. Le président a assumé un exercice qu’il qualifie lui-même d’inédit, imposé par la situation financière et le cadre fixé par la DNCG.
Selon lui, le gendarme financier du football français a exigé un effort tellement violent qu’il aurait fallu vendre la quasi-totalité de l’effectif avant même de pouvoir envisager la moindre signature. Le club a donc vendu dès l’ouverture du marché, avec un contexte compliqué par la Coupe du monde qui a pesé sur l’ensemble du mercato.
Bruno Genesio a-t-il menacé de partir ?
Sur ce point, le président a joué la transparence. Il dément formellement toute menace de démission de son entraîneur, tout en reconnaissant que le dossier Igor Paixão a créé de très fortes tensions en interne. Richard a même lâché que les deux parties n’étaient « pas loin du point de rupture » sur ce dossier. Il a tenu à défendre son coach : pour lui, Genesio ne fait pas de chantage au départ, et il se félicite chaque jour de le voir sur le banc marseillais.
Quel a été son rôle dans le maintien de Paixão ?
Richard a confirmé s’être personnellement investi dans le dossier, expliquant avoir jeté toutes ses forces dans la bataille pour conserver l’attaquant brésilien. Interrogé sur ce qui se serait passé sans son intervention, il a admis que le joueur serait peut-être parti. Il a toutefois rappelé que la décision finale sur ce type de dossier appartient toujours au propriétaire, Frank McCourt.
L’OM peut-il encore signer des joueurs libres ?
La porte n’est pas totalement fermée, mais elle est à peine entrouverte. Richard estime que ce sera très compliqué dans l’immédiat, pour les mêmes raisons financières, tout en refusant de dire non à 100 %. Toute signature d’un joueur libre nécessiterait de remettre les chiffres à plat et d’obtenir l’accord préalable de la DNCG. Sans ce feu vert, rien n’est possible.
Y aura-t-il de nouveaux départs ?
Non, et le président a été catégorique sur ce point. Il ne prévoit aucun départ dans les prochains jours et considère que l’effectif actuel doit permettre de disputer toutes les compétitions de la saison, même s’il reconnaît une perte de profondeur évidente après un tel dégraissage.
Et le mercato d’hiver ?
Richard refuse de continuer sur la même ligne. Il a annoncé qu’un point de passage serait fait avec la DNCG et avec le propriétaire du club, et que la stratégie hivernale en dépendrait. Sa phrase la plus forte de la soirée résume l’état d’esprit : le club ne peut plus avoir une stratégie qui consiste uniquement à vendre.
Le club est-il à vendre ?
C’était l’autre grande attente de la soirée, sur fond de rumeurs persistantes. La réponse est claire : le club n’est pas à vendre, aucun processus de cession n’a été engagé et il n’existe aucun contact en ce sens. Richard décrit Frank McCourt comme un actionnaire présent et engagé, qui n’a pas fermé le robinet et s’engage à couvrir les pertes prévisionnelles de la saison. En revanche, l’Américain réfléchit à l’ouverture du capital à de nouveaux partenaires, une piste distincte d’une vente pure et simple.
Ce qu’il faut retenir
Ce passage sur RMC restera comme la première vraie explication publique du président depuis la fin du mercato. Sur la forme, Richard a assumé un été douloureux sans se défausser.
Sur le fond, trois messages ressortent : la DNCG a dicté l’intégralité du mercato marseillais, la crise Genesio-direction autour de Paixão était bien réelle mais elle est refermée, et McCourt reste aux commandes avec une ouverture du capital en réflexion plutôt qu’une vente.
Reste à savoir si ces annonces suffiront à apaiser des supporters encore sous le choc d’un été sans la moindre recrue, et déjà échaudés par la polémique de l’interview donnée à BFM Business en plein dernier jour du mercato.